23. Ferme expérimentale centrale, 1e partie

Construction :  Établie en 1886

Architectes :  Divers

Emplacement :  Terrain rectangulaire de plus de 400 hectares délimités par l’avenue Carling au nord, le chemin Baseline au sud, l’avenue Fisher à l’ouest et, à l’est, le canal Rideau et la promenade Prince of Wales.

 

La Ferme expérimentale centrale (FEC) a été établie en 1886 par le gouvernement du Canada. Elle comprend un noyau administratif et un éventail de bâtiments de service, un arboretum, des jardins d’ornement, des massifs de fleurs et des champs expérimentaux, le tout dans un cadre pittoresque.

La FEC a été créée pour servir à l’avancement de l’agriculture en appliquant la méthode scientifique à l’étude des récoltes, du sol, du climat, de l’élevage et des pratiques agricoles, entre autres. Plusieurs centres de recherche agricole ont été établis au Canada, mais c’est la FEC qui est ressortie comme l’établissement principal où la recherche était et demeure le mandat fondamental.

Des travaux de recherche marquants ont mené à de nouvelles pratiques d’élevage, à des progrès en matière de fertilité du sol et à des innovations telles que le célèbre blé Marquis de Charles Saunders, résistant au gel et à la sécheresse, et à des variétés de soja à maturation précoce. Aujourd’hui, l’industrie du soja apporte à elle seule 2 milliards de dollars à l’économie canadienne. Par ailleurs, la FEC est le seul endroit au Canada où sont menées des études, vitales pour la sécurité alimentaire, sur les répercussions à long terme du changement climatique pour l’agriculture.

Pour souligner le 100e anniversaire de la FEC en 1986, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC) a dévoilé une plaque commémorant le rôle de la FEC en tant que centre national de la recherche agricole. Deux ans plus tard, le groupe « Amis de la Ferme » a été créé. Il se voue à faire connaître la FEC, à récolter des fonds et à recruter des bénévoles à son service.

Le combat mené par Patrimoine Ottawa pour sauver la FEC a commencé en 1995 quand la Commission de la capitale nationale, au nom d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), a autorisé la démolition de la grange Booth (construite en 1867 par le baron du bois J.R. Booth).

Jennifer Rosebrugh, alors présidente de Patrimoine Ottawa, a constitué une coalition regroupant notamment Historic Ottawa Development Inc. (HODI), les Amis de la Ferme, la fondation Héritage Canada, le Conseil des organismes du patrimoine d’Ottawa (COPO/CHOO) et des élus locaux.

En 1996, la Ville d’Ottawa a déclaré son intention de désigner la grange Booth en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario. AAC a introduit une contestation, qui fera l’objet d’une audience de la Commission des biens culturels (CBC) au mois d’octobre. Parmi les témoins figureront Patrimoine Ottawa, la fondation Héritage Canada et d’autres groupes communautaires. Dans sa conclusion recommandant la désignation, la CBC disait trouver difficile d’accepter ce qu’elle appelait le culot dont faisait preuve le gouvernement fédéral en se dérobant à la coopération avec les parties en cause, dont plusieurs avaient consacré des trésors d’énergie et de grands frais à une mise en valeur de la Ferme expérimentale centrale qui, en dernier ressort, aurait profité au ministère de l’Agriculture lui-même. En outre, la CBC affirmait que les trois ordres de gouvernement – municipal, provincial et fédéral – sont à parts égales gardiens du patrimoine de la capitale nationale.

Le combat victorieux mené pour sauver la grange Booth a mis en lumière le fait que la FEC était dans son ensemble un paysage culturel historique d’importance nationale. Le maire d’Ottawa a écrit à la CLMHC pour lui demander d’envisager d’accorder une désignation nationale à la FEC.

En 1998, AAC s’est ravisée. Le ministère a accepté la recommandation de la CLMHC de désigner la FEC comme « paysage culturel d’une importance historique et architecturale nationale », et a adopté un plan directeur visant à protéger la Ferme. Malgré ce plan et malgré le conseil consultatif de la FEC créé en vue d’assurer la participation du public à la protection du site et d’aider AAC dans son rôle de gardien, la Ferme sera de nouveau menacée à peine dix ans plus tard.

Ne manquez pas « Sauver la Ferme expérimentale centrale, 2e partie ».